La fête des Mères

Plus jeune, j’imaginais que cette fête était synonyme de bonheur pour toutes les femmes!

J’étais naïve. J’aurais aimé demeurer dans cet état d’ignorance.

Dans les sept dernières années, j’ai été confrontée au deuil périnatal quatre fois. A chaque fois, cela m’a fait mal, très mal. J’ai perdu mon deuxième enfant un dimanche de mai, un dimanche où les familles célèbrent leur maman.

A partir de ce moment, j’ai réalisé combien cette fête peut être éprouvantes ou encore synonyme de déception ou d’amertume.

Cette fête illumine la journée des mères, celles qui ont atteint leur objectif, leur projet de vie, celles pour qui leur progéniture est physiquement présente dans leur vie, celles pour qui leur(s) enfant(s) ne sont pas uniquement synonyme de souvenirs.

En contrepartie, cette journée jette un gros nuage gris dans le quotidien, déjà bien difficile, de toutes ces femmes qui n’ont pas pu avoir d’enfants, qui ont perdu un ou plusieurs enfants en cours de grossesse, et ce peu importe le stade de la grossesse, et finalement pour celles qui ont vu leur(s) enfant(s) mourir avant elles.

Cette fête me fait constater qu’être mère d’un ou de plusieurs enfants, débordant de vie, est une chance, ce n’est rien d’acquis…

Je sais combien élever un enfant est un défi, j’en ai un de 5 ans qui teste mes limites et me remet en doute constamment. Je ne vois pas la fête des Mères comme une journée pour me rendre hommage dans mon rôle, mais bien plus pour célébrer le fait que j’ai cette chance d’avoir au moins un de mes enfants à mes côtés au quotidien. Je ne vous aurais pas dit cela l’année dernière, mais le cheminement graduel vers le sommet du deuil périnatal me le permet aujourd’hui.

Depuis 7 ans, j’ai, à la fête des Mères, une pensée toute spéciale pour ces femmes pour qui la vie est venue mettre des embûches, pour celles qui ne verront pas leurs désirs de voir, de prendre et d’embrasser leur bébé qui s’était si bien installé dans leur bedon et pour celles qui ont dû dire au revoir à leur enfant.

Ces femmes méritent d’être reconnues dans leur identité de mère. Elles ont le droit qu’on souligne leur rôle de mère, aussi bref fût-il.

Pour ces mères, l’absence de gribouillages sur une carte, de bricolage et de becs mouillés est un défi. Mais il n’en est rien à comparer de l’absence de souhaits de Bonne fête des Mères, de la part de leur réseau familial et social.

Dimanche, en plus de célébrer votre fête des mères, je vous encourage à prendre le temps d’écrire, appeler, gâter une maman pour qui son ou ses enfants ne seront pas physiquement avec elle en cette journée spéciale.

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