Parents Orphelins

Ce virus qui me force à me séparer de toi

Jacob, mon coco…

Nous avons été séparés une première fois le 1er février 2018, alors que nous avons pris des chemins différents à une intersection trop complexe et ô combien douloureuse.

Une partie de moi est toujours à cette intersection.

Nous avons été à nouveau séparés lorsque j’ai appris que le service de pathologie t’avait perdu… Ils avaient perdu ton petit corps… J’espérais tellement trouver du réconfort dans la petite urne que j’avais choisie pour toi. Petite urne qui est finalement toujours vide de tes cendres.

Un jour d’octobre, j’ai reçu une surprise par la poste… Une attention délicate d’une tendre amie. Le colis contenait ce qui allait devenir une partie de moi : un collier en forme de petit pied avec ton doux prénom gravé.

Depuis, il n’y a pas une journée où je ne m’agrippe pas à ton petit pied.

C’est devenu un réflexe : quand j’ai peur, que j’ai de la peine ou que je suis anxieuse, mes doigts s’entremêlent dans mon pendentif à la recherche de ton soutien.  Depuis le premier jour où j’ai mis ce collier à mon cou, je ne l’ai jamais enlevé. J’ai eu si peur une journée où, en jouant aux chatouilles avec ton grand frère, j’ai réalisé que tu n’étais plus accroché à mon cou, que ton pied n’était plus sur mon cœur. Par chance, tu n’étais pas bien loin.

Aujourd’hui, je dois volontairement m’éloigner de toi. La COVID-19 m’y oblige… Les bijoux ne sont plus appropriés en milieu hospitalier, comme ils comportent un trop grand risque de contamination. Déjà, c’est avec la peur au ventre que je vais travailler. J’ai peur de contaminer ton grand frère. S’il te plaît, ne m’en veux pas. C’est pour notre bien et je sais que malgré qu’il me sera dorénavant impossible d’agripper ton petit pied, tu seras mon arc-en-ciel dans cette crise.

Je te promets qu’après cette tempête, dès que le soleil se pointera le bout du nez, la toute première chose que je ferai sera de te remettre à mon cou, de t’enlacer de mes doigts et de te donner un doux baiser. En attendant, tu es et seras toujours dans ma tête et dans mon cœur.

Et Jacob… Si jamais c’est possible pour toi, protège-nous de ce virus.

Ta Maman xox

2 commentaires
  • Cathy Gagnon, étudiante en homéopathie
    REPONDRE

    Je trouve ton message adressé à Jacob très touchant. La perte d’un enfant est très difficile à vivre et le fait de pouvoir exprimer ce que l’on ressent, comme tu l’as fait dans ce blogue, est libérateur. Je suis convaincue que Jacob t’aidera à passer au travers de cette crise qu’est le COVID-19 même si tu ne portes pas ton collier en forme de petit pied, car Jacob est, avant tout, dans ton coeur. C’est ma première visite sur le site Parents Orphelins et j’ai bien l’intention d’y revenir pour lire des messages comme le tien.

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